@ardeinv
adrien.vescovi@gmail.com

Biographie

Adrien Vescovi vit et travaille à Marseille depuis 2017 après une longue pratique installée dans les montagnes de Haute-Savoie. L’artiste réinvestit avec des enjeux contemporains la question de la toile libre et d’une peinture pensée à une échelle architecturale ou naturelle. L’importance du contexte dans lequel l’artiste vient installer ses oeuvres est pour lui un facteur d’étude incontournable. Adrien compose des temporalités, assemble des couleurs travaillées par l’air ( rayons du soleil et de la lune, neige, pollution) la terre (ocres et végétaux) et le feu ( cuissons). Sa manière de coudre est une façon de peindre. Le hasard est son allié.

Né en 1981 et diplômé de l’École supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy, son travail a été présenté aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark, au Mexique. En 2017, il a bénéficié d’une résidence et exposition au Cyclop à Milly-en-Forêt. En 2019 son travail a été présenté à la Galerie des Ponchettes avec le MAMAC de Nice, à la Villa Noailles pour le Festival international de la mode et accessoire ainsi qu’au Palais de Tokyo pour l’exposition Futur, ancien, fugitif, à la Vieille Charité à Marseille et au Musée Régional d’Art Contemporain Occitanie à Sérignan. Ses œuvres sont notamment dans les collections du Centre National des Arts Plastiques, du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, du Musée des Beaux-Arts de Nantes, du Frac Provence Alpes Côtes d’Azur et du Fond Communal d’Art Contemporain de la ville de Marseille. Adrien Vescovi est actuellement artiste résidant des ateliers de la ville de Marseille jusque fin 2020.

Crédit

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CV

2000 – 2006 Ecole supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy (DNSEP)

*Actualité

2020 Crystal Clear, Pera Museum, Istanbul / TUK
Prix Ricard, Fondation Pernod Ricard, Paris / FR

*Expositions personnelles

2020 Slow Down Abstractions, Studio Fotokino, Marseille / FR
2019 Mnemosyne, Galerie des Ponchettes, MAMAC, Nice / FR
2019 mens momentanea, 7 Clous, Marseille / FR
2017 For the memory of a life time, ChezNeon, Lyon / FR
2017 Mnemonics, Galerie Ceysson Benetiere, Saint-Etienne / FR
2017 Résidence et exposition, Le Cyclop, Milly-la Forêt / FR
2016 Turn off the lights, Casa de Francia, Institut Français d’Amériques Latines, Mexico / MX
2015 Amnesia, Tripode, Rezé / FR
2015 3XL – DSCN1989, Nosbaum Reding Project / LUX
2014 Sugar and spice, Galerie TORRI, Paris / FR
2013 Afterwards, Mosquito Coast Factory, Campbon / FR
2013 Brain Freeze, Glassbox, Paris / FR

*Expositions collectives et autres mediums

2020 Sur pierres brûlantes, Triangle France – Astérides / Ateliers de la Ville de Marseille, Friche La Belle de Mai, Marseille / FR
2020 Your Friends and Neighbors, High Art Gallery, Paris / FR
2019 Par hasard, Centre de la Vieille Charité & La friche Belle de Mai, Marseille / FR
2019 Futur, ancien, fugitif , Palais de Tokyo, Paris / FR
2019 La mesure du monde, MRAC, Sérignan / FR
2019 Festival international de mode de Hyères, Villa Noaille, Hyères / FR
2019 Viridarium Chymicum, San Sebastiano da Po, IT (residency)
2018 Accrochage dans la collection, Musée d’Arts de Nantes / FR
2018 Biennial IntoNature , Curated by Hans der Hartog Jager, Frederiksoord / NL
2018 Rapido Rapido , Collection N9, Interior and the Collectors, Noirmoutier / FR
2018Sometimes, however I am called to action by the siren song of the narrative faction , Curated by Furiosa Monaco, Marseille / FR
2018 Norma, Curated by Maud Salembier, Maison Pelgrims, Bruxelles / BE
2018 Aller-Retour, Belsunce Projects, Marseille / FR
2017 Club Andalouse, curated by Marie de Gaulejac, Paris / FR
2017 Back to the peinture, La Station, Nice / FR
2017 Villa Datris, L’Isle-sur-la-Sorgue / FR
2016 Don’t read books, Chez Neon, Lyon / FR
2016 In & out, Villa du Parc, Annemasse / FR
2016 30 ans déjà, Villa du Parc, Annemasse / FR
2016 Art Ephémère, Marseille / FR
2016 Galerie Praz-Delavallade, Paris / FR
2016 One Thousand Books, Kunsthal Charlottenborg, Copenhague / D
2016 Sequoya Dream, La Galerie, Noisy-le-sec / FR
2015 Problème de type Grec, sur une invitation de Jagna Ciuchta, La Galerie, Noisy-le-sec / FR
2015 My internet…, Galerie Jeanroch Dard, Bruxelles / BE
2014 (IM)MATERIEL, Galerie Jean Fournier, Paris / FR
2014 Le corps invisble, Galerie Edouard Manet, Gennevilliers / FR
2014 Rien de plus tout du moins, sur une invitation de Benoît-Marie Moriceau, Crédac, Ivry-sur-Seine / FR
2014 Art is hope, Palais de Tokyo, Paris / FR
2013 Une nouvelle unité , Les loges de la bastide Saint-Joseph, Marseille / FR
2013 Romantic duo,  Friche Belle de Mai, Marseille / FR
2013 Looking for Vidéo, Galerie Claudine Papillon, Paris / FR
2012 Keep me in suspense, The Central House of Artists, Moscou / RUS
2012 Bauhaus. Entretenir des choses matérielles, Kunstforum, Essen / DE
2012 Désarchitecture, Galerie Gourvennec Ogor, Marseille / FR
2012 Centre Aéré, Galerie de l’ENSAN, Nancy / FR
2011 Inauguration, Galerie Gourvennec Ogor, Marseille / FR
2011 Vigoureuse Affection, A l’atelier, Ivry-Sur-Seine / FR
2011 Ecole alternative bAbA, Paris / FR
2011 Colloque « L’aire du Jeu », INHA, Paris / FR
2011 Grand concours de tableaux monochromes, Galerie Jean Brolly, Paris / FR
2010 Aires de Jeux, Centre d’art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay / FR
2010 Ils chantent et ils jouent, les gens entrent, Maison des Arts, Grand Quevilly / FR
2010 Collection Permanente, Mains d’oeuvres, Saint-Ouen / FR
2010 55e Salon de Montrouge / FR
2009 Opération tonnerre, Mains d’oeuvres, Saint-Ouen / FR
2009 Ligne à ligne, Galerie Nationale d’Indonésie, Jakarta
2009 Déminage, MAMAC, Liège / BE
2008 Playtime, Béton Salon, Paris / FR

*Collections publiques 

2019 CNAP / FR
2019 MAMAC / Nice / FR
2016 Musée des beaux arts de Nantes / FR
2012 FRAC PACA / FR
2011 Conseil Général des Côtes d’Armor / FR
2009 Ville de Montrouge /FR

*Résidences 

2016 Cité internationale des Arts, Paris / FR
2014 Summer Lake, Annecy / FR
2009 Triangle France, Marseille / FR

*Publications

2020 Les inrockuptibles, 14.09.2020, Des artistes exposent leur singularité “Sur pierres brûlantes”, Ingrid Luquet-Gad
2020 Paris Match, 30.07.2020, Les bouillons artistiques d’Adrien Vescovi, Anaël Pigeat
2019 TL Magazine n°32, Interview par Rachel Moron
2019 Les inrockuptibles, 6.11.2019, Résiste, Ingrid Luquet-Gad
2019 The Drawer, revue de dessin, Volume 17 – Rose
2019 Palais n° 30, Futur, ancien, fugitif, le magazine du Palais de Tokyo
2019 Catalogue 003, 34e Festival International de mode, de photographie et d’accesossoires de mode, Hyères, La Ville Noailles
2019 Madame Figaro, n°1849, Marseille l’art de vibre, Lisa Vignoli
2019 La Marseillaise, Novembre 2019, Adrien Vescovi, Alchimiste de la couleur par Alain Paire
2019 Narthex, « Mnémosyme » : l’infusion du temps, au MAMAC hors-les-murs à Nice par Odile de Loisy
2018 ArtPresse, Les galeries d’art contemporain de la province au monde, par Alain Quemin
2017 Monsieur Météo, Entretiens, Mouvement par Alain Berland
2017 Milly-la-Forêt : les artistes invités au Cyclop célèbrent le hasard, Le Parisien, Cécile Chevalier
2017 Crash Magazine n°79, par Dorothée Dupsuis
2014 Adrien Vescovi : support, surface et Lune, Quotidien de l’Art, par Jullie Portier
2010 A New Dynasty, Catalogue Contemporary Art Magazine, Numéro 3, Isabelle Le Normand

 

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You got to love me, Cotton, natural dye (plant), sun-whitened, sewing machine
Edition of 5
Produced by Théophile’s Paper2016
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+ texte

Salut Adrien,

Je t’écris de mon lit. J’aime bien écrire le soir, l’ordi sur les genoux, ça change pas mal de la manière dont j’écris assise à mon bureau dans la journée où je suis toujours disponible à répondre aux autres, toujours très disposée à fractionner mon temps et à ouvrir toujours plus de fenêtres sur mon écran. Surtout, je n’ai pas de wifi dans mon lit, donc pas de ressource, pas de distraction… Et je suis assez fatiguée comme après une de ces journées bien morcelées. Alors j’écris dans cet état-là, avec ce besoin de m’étendre et de penser à une seule chose simple, un peu longtemps, vaguement. C’est sans doute un bon état pour écrire sur (un peu comme si c’était depuis) ces hamacs que tu as créés pour ce festival du livre d’art à Copenhague, en réponse à une commande de Theophile’s Paper d’un mobilier destiné à présenter ses éditions.

C’est sûr, je ne suis pas la seule à n’avoir que des bons souvenirs de hamacs et de livres et de jardins : ombres, chaleur, été, siestes, balancements, feuilletage plus que lecture, une solitude heureuse, suspendue au dessus du sol… Lire dans un hamac, dans un festival du livre d’art où les sources d’information dépassent largement la capacité d’attention d’un être humain, j’imagine que c’est une sensation bien différente. Proposer de s’installer dans ces formes souples, c’est peut être une invitation à accepter de ne pas tout voir, ni tout lire, c’est peut-être même faire de cette partialité une sorte de privilège, en invitant à se retirer, à se cacher en plein milieu de cette situation dense et débordante. Ces longues bandes de tissus cousues entre elles à grosse couture et accrochées à leurs extrémités se substituent aux meubles solides, plus fonctionnels et adaptés pour présenter des livres, faisant vriller les plans d’une table, d’une assise, d’une étagère dans les plis de formes souples et enveloppantes. Un livre est aussi un objet relié dont la couverture ou les pages ouvertes cachent ce qu’il y a dedans, avant ou après. Vu depuis mon lit, et c’est peut être aussi le cas depuis un hamac, le hamac et le livre semblent assez similaires dans leurs structures pliées, dans leurs jeux d’exposition et de disparition, et par cette proximité, ces deux formes semblent être accueillantes l’une envers l’autre.

En fait, cette détente que je ressens et que j’imagine a déjà commencée bien avant cette rencontre d’un lit, d’un ordi et d’une chambre ou d’un hamac, d’un livre et d’un festival. C’est d’abord la détente que tu as fait subir au matériau lui-même car les tissus de ces hamacs sont en fait des toiles relaxées au double sens du terme : elles sont à la fois délivrées et relâchées. Elles ont échappé au châssis sur lequel elles étaient destinées à être tendues. Elles sont donc passées d’un projet de tableaux à l’objet d’une expérience physique d’un tableau plissé, d’une structure porteuse plane à un enchevêtrement de tissus juste suspendus à deux bouts. C’est un tableau qui à la fin, ne se laissera jamais voir en entier, à plus ou moins grand distance, parce qu’il peut annuler cette distance de l’observation pour envelopper son regardeur et le cacher aussi. Tu as fabriqué ces toiles à Noisy-le-Sec, dans la résidence du centre d’art où je travaille le jour surtout. C’est là que tu as cousu différentes bandes de tissus de couleurs pastel, roses, jaunes, bleues. Cette photo que tu as prise des tours d’habitation dans une lumière de fin d’après midi aux alentours de la résidence faisait écho à cette composition horizontale et à ses couleurs. Puis plongées dans une décoction dont tu as le secret, avec des feuilles ramassées dans des plates bandes, elles prenaient tout à coup, une dimension très locale. Il fallait que ce projet se métamorphose avec ce voyage à Copenhague pour devenir fonctionnel : de compositions horizontales, ces toiles se sont plissées, libérées de toute structure porteuse, pour remplir la fonction d’objets assez simples et accueillants, des formes au repos.

Bonne nuit et à demain,

Émilie